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Alimentation animale : Quel plan B pour le secteur ?

Thermomètre de la santé des productions animales en Bretagne, le secteur régional fait face à un repli pesant de son volume d’activité. Il est interrogé sur tous les fronts : maintien de sa compétitivité, adaptation à la segmentation accrue des aliments et garantie de la durabilité de ses approvisionnements en matière première. Particulièrement mise sous les projecteurs cette année, sa forte dépendance au soja importé appelle un plan B… ou P.

© Laurent Larraillet

- 0,7 %, c’est la baisse du volume d’activité du secteur breton des aliments pour animaux en 2019

Alimentation animale

Les acteurs bretons du secteur de l’alimentation animale connaissent une stabilisation de leurs fabrications d’aliments industriels ces cinq dernières années flirtant avec les 7,8 millions de tonnes. En 2019, le recul des fabrications d’aliments pour volailles (-70 000 tonnes sur un an) grèvent particulièrement l’activité globale des usines (-55 000 tonnes). Plus modestement, les volumes régionaux d’aliments bio dépassent les 163 000 tonnes en 2019 (+25 000 tonnes sur un an). Leur demande a doublé sur les cinq dernières années, tirée par la dynamique en volailles (88 % de l’activité régionale en 2019), même si les autres catégories, plus marginales, ne sont pas en reste (fabrications multipliées par 3 en porcs).

 

244 e/tonne, c’est le prix moyen de l’aliment porc croissance Ifip en 2019

Le blé est repassé sous la barre des 200 €/tonne début 2019 et redevient plus compétitif que le maïs à l’arrivée de la nouvelle récolte 2019. Le couple maïs-tourteau de soja a toutefois bénéficié d’un vif intérêt de la part des fabricants pour leur incorporation dans les aliments au premier semestre. L’année fourragère 2019, compliquée du fait de la sécheresse estivale, grève le coût alimentaire du troupeau laitier breton, qui recourt à plus d’aliment industriel acheté pour palier le rendement déficitaire des prairies (-3 % par rapport au rendement annuel de référence). L’indice Ipampa de coût alimentaire pour le lait de vache est donc resté stable à son niveau le plus haut de ces cinq dernières années.

 

 

Actualités de la filière

À retenir de 2019
Fin de l’été 2019, Emmanuel Macron affirme une "part de complicité" de la France dans la déforestation et les incendies qui ravagent l’Amazonie, du fait de la dépendance du secteur de l’alimentation animale vis-à-vis du soja brésilien. La profession répond en mettant en avant sa démarche Duralim et son ambition de garantir la durabilité de ses approvisionnements en matières premières produites en France et importées. L’objectif affiché est d’atteindre, au plus tard en 2025, 100 % d’approvisionnements durables, avec un objectif zéro déforestation.
À la paralysie des transports ferroviaires fin 2019 en réponse à la réforme des retraites sont venus s’ajouter les blocages des ports dans le cadre de l’opération "Ports Morts" mi-janvier 2020. Les flux logistiques d’approvisionnement en matières premières importées (tourteaux de soja) des acteurs du secteur ont été affectés, contraignant parfois la mise à l’arrêt ponctuelle de certaines usines.

Les enjeux de la filière pour 2020 et les années suivantes
L’approvisionnement en protéine est l’enjeu fort pour le secteur. En bio, la suppression de la part des ingrédients protéinés non bio en formulation (actuellement de 5 %) dès 2021 interroge sur la fraction protéine, car importer du tourteau de soja bio va à l’encontre des attentes du consommateur pour du bio d’origine française.
À l’occasion du SIA, le président de la République aurait évoqué une piste de financement "hors Pac" de 50 M€ issus du Green Deal, la nouvelle politique d’investissement présentée en décembre par la Commission européenne, pour abonder le plan Protéines national.
Lorsque la Chine relancera sa production porcine, ses besoins en matières premières agricoles seront immenses. Même si l’accord signé début 2020 avec les États-Unis l’engage à s’approvisionner en graine américaine, la concurrence sur la protéine risque tout de même d’être rude. L’origine brésilienne saura bien faire valoir ses atouts. En 2020, le ralentissement de l’activité industrielle chinoise fait ressurgir le spectre des tensions d’approvisionnement de certains acides aminés de synthèse et vitamines produits chez cet acteur principal, à l’image de ce qui s’était passé à l’été 2017. Le prix des aliments serait alors impacté à la hausse.

 

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