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À la Cuma de Larret (29), on délègue bien plus que les travaux des champs

Qu'ils soient producteurs de porcs, de lait ou de légumes, ce n'est pas simplement l'envie de réduire leurs charges de mécanisation qui a poussé les adhérents de la Cuma de Larret, à Porspoder (29) à investir ensemble dans du matériel. Rencontre avec Roger Violant, président, et François Prigent, responsable des salariés.

De gauche à droite : Roger Violant, président de la Cuma de Larret et François Prigent, responsable des salariés.

"La Cuma a embauché son premier salarié en 1987, se souvient son président Roger Violant, producteur de lait à Plourin. Et il est resté 20 ans avec nous". Après l'achat de matériel en commun, les adhérents de la Cuma de Larret ont voulu franchir une autre étape. "Le salarié conduit l'épareuse, réalise tous les rounds de paille ou de foin et épand une bonne partie du lisier". Si cela permet d'alléger le travail des agriculteurs lors des périodes de pointe de travail, ces derniers ont voulu aller encore plus loin. "Dès le départ, nous avons souhaité qu'il puisse venir travailler sur nos élevages en appoint de main d'oeuvre, quand le besoin se fait sentir".

 

Un salarié et un apprenti

Un service qui répond si bien aux attentes des adhérents, que ces derniers se sont rapidement préoccupés de sa pérennité. "Le salarié peut s'en aller pour de multiples raisons. Ou être en arrêt de travail, énumère François Prigent, producteur de lait à Lanildut et responsable du personnel au sein de la Cuma. Nous avons donc décidé, il y a quelques années, d'embaucher aussi un apprenti. Au fil de sa formation, il découvre les exploitations des uns et des autres. Et peut prendre le relais si besoin".

Une formule qui présente de multiples avantages. "Le salarié permanent peut compter sur quelqu'un pour l'épauler, ce qui lui évite de faire trop d'heures sup' en saison. Et il peut prendre récup' et congés sans trop de difficultés". De quoi fidéliser le salarié, en rendant son métier plus attractif. "Et si le permanent s'en va, nous disposons de quelqu'un d'immédiatement opérationnel". Et c'est ainsi qu'Anthony, leur ancien apprenti, a été embauché il y a maintenant deux ans.

 

Prendre le temps de former

Ce doublon est une sécurité pour la Cuma, qui reconnaît volontiers être à la recherche du "mouton à 5 pattes", capable de conduire le matériel en saison, de le réviser et l'entretenir en hiver mais aussi d'épauler voire de remplacer au pied levé un agriculteur débordé, malade ou blessé. "Dans l'idéal, on prend un jeune titulaire d'un Bac pro CGEA, qui a découvert l'élevage au lycée, et qui poursuit ses études en CS machinisme". Un parcours que n'a pas suivi Mathurin, recruté à la rentrée dernière. "Mais sa fiche de poste est claire, souligne Roger Violant. Il lui faut intervenir en élevage. Il apprendra au fil du temps". Un volet que les éleveurs de la Cuma sont prêts à assumer. "Si on veut pouvoir déléguer, Il faut accepter de consacrer un peu de temps à la formation des gens qui vont, demain, travailler sur nos exploitations", estime le président.

Si on veut pouvoir déléguer, il faut accepter de consacrer un peu de temps à la formation.

 

Dégager du temps libre

S'ils ont fait le choix de la Cuma de Larret pour réduire leurs charges de mécanisation, ses adhérents en attendent bien plus. "Je suis associé avec ma soeur, explique François Prigent. La récolte des pommes de terre primeur coïncide avec les semis de printemps et nous ne pouvons pas être partout à la fois". Et la Cuma lui permet "de faire les travaux en temps et en heure".

D'autres adhérents, qui ont vu leurs troupeaux s'agrandir, peuvent se consacrer entièrement à leur élevage. "J'ai 58 ans et l'envie de lever un peu le pied, rajoute Roger Violant. Et mon fils, qui m'a rejoint sur l'exploitation, est papa de deux enfants. Nous avons, l'un comme l'autre, envie d'avoir du temps libre pour faire autre chose".

 

En toute convivialité

"Alors qu'il y a autour de nous tout un tas de gens qui nous donnent des leçons", la Cuma leur procure aussi un sentiment de liberté. "C'est nous qui décidons du matériel qu'on va acheter".

Et elle leur donne l'occasion d'échanger régulièrement avec les agriculteurs de leur voisinage. "On organise une réunion du conseil d'administration chaque premier vendredi du mois, en invitant tous les gens concernés quand il s'agit d'acheter du nouveau matériel. Et bien souvent, même ceux qui ne sont pas directement intéressés viennent nous rejoindre". Un climat de convivialité que cultive soigneusement la Cuma.

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