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Promouvoir des installations viables, vivables et transmissibles

Producteur de lait et de dindes, installé à Logonna Daoulas depuis 2014, Simon Le Baut suit de près le parcours à l’installation. Élu aux Jeunes agriculteurs du Finistère, il ne rate pas une occasion d’inciter les candidats à calibrer leur projet de façon à ce qu’il soit non seulement viable d’un point de vue économique mais aussi vivable en termes de temps de travail.

Simon Le Baut, producteur de lait et de dindes, installé à Logonna Daoulas.
© Le Gouessant

L’agriculture ? Même si ses parents ne sont pas du métier, Simon Le Baut y a toujours songé. Bac STAV à l’Ireo de Lesneven (29) en poche, il poursuit ses études par un BTS Acse par apprentissage au lycée de Caulnes (22). Et est embauché dans la foulée par le service de remplacement local Elorn-Guipavas. Un poste qu’il occupera trois ans avant de rejoindre la ferme laitière sur laquelle il compte s’installer pour y réaliser un stage de parrainage. "Je connaissais déjà bien l’exploitation, relate l’éleveur. C’est celle de mes voisins. Et j’y allais régulièrement travailler, depuis des années". Néanmoins, le stage a conservé toute son utilité. "Il m’a permis de faire sereinement mes démarches en vue de mon installation, ce qui n’est pas toujours simple quand on est salarié à plein temps. Et de mieux connaître mon futur associé".

 

Une transition de six ans

L’idée est alors d’une transmission en douceur, l’agriculteur en place devant encore travailler 6 ans avant de pouvoir faire valoir ses droits à la retraite. Installé au 1er décembre 2014, Simon Le Baut subit de plein fouet la crise laitière. "Le revenu dégagé n’a pas suffi. Et nous avons profité d’une opportunité pour racheter le poulailler d’un voisin". Alors que son associé part au 1er septembre prochain, se pose désormais la question du travail. "Impossible de tout faire tout seul, analyse Simon Le Baut, qui va prochainement s’équiper d’un robot de traite et d’un robot racleur. Et sans doute embaucher une personne à mi-temps".

Les porteurs de projets ont tendance à vouloir saturer leur outil.

Engagé

Engagé aux Jeunes Agriculteurs du Finistère peu après son installation, l’éleveur a rejoint le conseil d’administration départemental voilà deux ans et représente le syndicat à la CDOA économie. "Dans le cadre du parcours à l’installation, je siège aussi au comité professionnel". Comme son nom l’indique, il n’est composé que d’agriculteurs, représentant la chambre d’agriculture, le syndicalisme, les banques, les centres de gestion…

Une fois leur parcours achevé, les jeunes candidats à l’installation viennent y présenter leur projet, chiffré. "A partir de notre expérience, nous pouvons les alerter sur tel ou tel point", indique Simon Le Baut. A commencer par un volet économique parfois un peu léger. "On voit encore arriver des dossiers où les chiffres ont été un peu bidouillés pour rentrer dans les cases". Que surgisse le moindre grain de sable, baisse des cours, sécheresse, pépin sanitaire… et l’exploitation se retrouve en difficulté !

 

Trop de travail

Mais ces dernières années, c’est surtout le volet travail qui inquiète les JA. "À partir des volumes de production, une calculette permet de prévoir un volume horaire théorique", explique le jeune éleveur. Et les compteurs explosent ! L’explication ? "La situation économique étant tendue, les porteurs de projets ont tendance à vouloir saturer leur outil". Et il n’est pas rare de voir des dossiers où le jeune devra effectuer 70 heures de travail par semaine, épaulé par de la main d’oeuvre bénévole : parents, cédants.... Une situation qui n’est tenable dans le temps ni pour les bénévoles, qui peuvent aspirer à autre chose ou connaître des ennuis de santé, ni pour le jeune ! "Peut-être que ça passera les cinq premières année. Puis il aura besoin de temps pour sa vie de famille, ses enfants…".

 

Revoir son projet avant quíil ne soit trop tard

Voilà des années que JA prône des installations viables et vivables ce qui, dans de telles conditions, est loin d’être le cas ! "Et on voit apparaître de plus en plus de cas de burn out, y compris chez des agriculteurs installés depuis peu". Le passage en commission est donc l’occasion d’alerter le porteur de projets. "Notre avis n’est que consultatif, précise Simon Le Baut. Mais échanger avec ces futurs agriculteurs permet parfois de les faire réfléchir. Et c’est un projet différent que l’on voit ensuite arriver à la CDOA".

 

La calculette "temps de travail"

La calculette "temps de travail" est un outil pédagogique indispensable. Face aux moyens de production de plus en plus importants dans les projets d’installation (volumes, effectifs et surfaces avec un nombre d’UTH souvent insuffisant, particulièrement en lait), les chambres d’agriculture proposent une calculette qui permet d’estimer le temps de travail prévisionnel du projet. Cet outil proposé vise à alerter les porteurs de projet et à les aider à prendre en compte sérieusement cette dimension. Ce travail est accompagné d’une réflexion sur la future organisation du travail.

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