Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Trévarez, maintenir des rotations sur la surface accessible pour de bonnes prairies

L’agrandissement des troupeaux conduit rarement à une augmentation de la surface accessible au pâturage des vaches laitières, menant à une saturation progressive de cette surface accessible par les prairies destinées au pâturage. Pour mettre en place des prairies productives et pérennes, son positionnement dans une rotation culturale est essentiel. À Trévarez, le système bas carbone expérimenté organise le renouvellement des pâtures avec des rotations adaptées, excluant la monoculture de prairie.

À Trévarez, un maïs après retournement de prairie pâturée offre un rendement de 20% supérieur à la moyenne des maïs de l’exploitation.

Pour obtenir une bonne réponse laitière au pâturage, il est essentiel de disposer de bonnes prairies. L’objectif est que ces parcelles fournissent en quantité une herbe de qualité composée d’un mélange pérenne de bonnes graminées et de légumineuses. Si cet équilibre dépend de la gestion du pâturage, les conditions d’implantation sont déterminantes pour l’équilibre entre espèces dans le temps. Et sa place dans la rotation joue un rôle majeur.

 

Mettre la prairie en bonne position

À Trévarez, afin de répondre à la diversité des situations en matière d’accessibilité au pâturage, plusieurs rotations sont expérimentées incluant ou pas des cultures annuelles. Le principe est de positionner une culture apte à valoriser au mieux l’azote libéré lors de la destruction de la prairie. L’introduction d’une nouvelle association graminées-légumineuses immédiatement après une ancienne prairie donne souvent de trop bonnes conditions pour le développement rapide de la graminée, handicapant l’installation d’une juste concurrence avec les légumineuses. Ce mauvais départ induit la plupart du temps un échec de la monoculture prairie. C’est pour cette raison que cette rotation a été exclue.

Système bas carbone

 

Des rotations avec des cultures si possible

Avec 25 ares d’herbe pâturable sur les 40 ares accessibles à Trévarez, la place des cultures annuelles en rotation avec les prairies est possible. C’est une des voies qui est évaluée dans le contexte de la ferme expérimentale. Dans ce cas, la rotation privilégiée est : ancienne prairie-maïs-maïs-céréales avant le retour d’une nouvelle prairie de RGA-TB. En première position, le maïs valorise très bien les effets du retournement de prairies. À Trévarez, sur 25 années d’observations, le maïs après retournement de prairie produit 20 % de rendement supplémentaire par rapport à la moyenne de toutes les parcelles de maïs quelle que soit sa place dans la rotation, et 25 % de plus que dans le cas des monocultures de maïs.
Avec 12 % de rendement en plus que la situation moyenne, le deuxième maïs après retournement de prairie présente un intérêt notable pour la production fourragère. Il est alors souhaitable de prévoir un couvert efficace entre les deux maïs pour capter l’azote minéralisé à l’issue de la première culture. La céréale implantée après le deuxième maïs achève la succession de cultures annuelles.
Dans le contexte de Trévarez, deux types de céréales peuvent être retenus. Soit une orge d’hiver qui permettra d’implanter la nouvelle pâture dès début août si l’été est humide. Cette situation autorise en général deux pâturages avant l’arrivée de l’hiver, laissant le couvert ras en novembre et permettant l’accès de la lumière à la base des plantes prairiales. Si le blé est retenu à la place de l’orge d’hiver, sa récolte suivie de l’enlèvement de la paille conduit à une implantation de la prairie courant septembre.
Compte-tenu des sols peu portants et la pluviométrie en général abondante à partir de novembre, ces prairies parviennent rarement à être exploitées avant le printemps suivant. L’équilibre graminées-légumineuses se retrouve contrarié par un fort développement hivernal du RGA au détriment du trèfle blanc complètement étouffé.
C’est pour cette raison que le blé est en général suivi d’une dérobée associant le colza fourrager à du RGI. Le pâturage de ce couvert en hiver exige moins de précautions car il sera suivi d’une nouvelle prairie pérenne au printemps suivant. Ainsi implantée, cette dernière bénéficie de bonnes conditions pour permettre un développement synchrone de la graminée et du trèfle.

 

Une interculture de colza-RGI pour les parcelles proches de l'étable

La rotation explicitée ci-dessus revient à se priver de ces parcelles pour le pâturage pendant trois ans. Ce type de succession est de plus en plus difficile à envisager pour les parcelles très proches de l’étable pour des raisons d’organisation du travail. Dans cette configuration, la station de Trévarez expérimente depuis 2012 l’implantation et la valorisation d’une interculture à base de colza-RGI entre deux prairies pâturées de RGA-TB. Implantée en tout début d’été, la décomposition de l’ancienne pâture assure l’alimentation azotée du colza dans un premier temps qui, dans le contexte océanique de l’Ouest breton, est pâturable 50 jours après le semis. À partir de l’automne, le RGI bien implanté prend le relai et piège le produit de la minéralisation automnale. Cette interculture de 8 mois est suivie de l’implantation de la nouvelle prairie de RGA-TB.
Cet itinéraire cultural est privilégié pour les parcelles autour des bâtiments dans le contexte d’une surface accessible convenable. Lorsque cette dernière descend en dessous de 20 ares par vache, cette interculture pour renouveler les prairies de pâturage peut être avantageusement généralisée à toutes les parcelles en herbe. La bonne valorisation de l’azote libéré par l’ancienne prairie permet de mettre le sol en conditions favorables à une juste compétition entre les nouvelles graminées et légumineuses implantées. Cette implantation en bonnes conditions autorise la perspectives d’une pérennité élevée de la prairie et donc d’envisager son rôle de stockage du carbone dans la durée.

Système bas carbone

 

Colza-RGI : mode d'emploi

Cette interculture est à réserver aux conditions estivales plutôt fraîches.
- Détruire l’ancienne prairie dès la mi-juin.
- Implanter la dérobée à raison de 6 kg de colza fourrager et 12 à 15 kg de RGI à l’ha.
- Commencer le pâturage dès 45 jours après le semis (colza à 60 cm de haut) pour ne pas terminer cette première exploitation avec le colza dépassant la hauteur de la clôture.
- Pâturer ensuite la parcelle toutes les 4 semaines jusqu’à la fin de la saison. Le deuxième cycle comporte encore une part de colza fourrager car ce dernier, pâturé jeune, a la faculté de repousser.
- La préservation de l’état du couvert n’étant pas primordiale, le pâturage hivernal peut se dérouler avec moins de précautions que pour les prairies pérennes.

Dans un contexte climatique séchant, le colza-RGI peut être remplacé par un colza fourrager seul implanté précocement dès mi-mai. Pâturé au cours de l’été, la nouvelle pâture peut être semée courant septembre pour une bonne implantation avant l’arrivée du sec l’été suivant.

 

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Crédits carbone : les premiers contrats sont signés
Fin 2019, la Commission européenne donnait son feu vert au régime d'aide proposé par la France pour le paiement de services…
Marc revit et se rééduque en allant voir ses vaches
Agriculteur à Loucelles, (14) ancien président de la FDSEA du Calvados et ancien vice-président de la Safer Normandie, Marc Buon…
Le plan de relance de l'apprentissage peut profiter au monde agricole
Le 4 juin, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé un plan de relance de l'apprentissage, avec notamment une prime à l…
Trop de porcs : l'État demande à la filière de s'organiser
Mardi 2 juin, un plan de filière porcin a été discuté en préfecture de Région pour tenter de résoudre le problème de fluidité des…
Les agricultures bretonnes en 2040 se dessinent aujourd'hui
Quels visages auront les agricultures bretonnes à l'horizon 2040 ? Désireux de se saisir des enjeux, de se projeter et de s'…
GAEC Cabri'Hyaule - Eleveurs de chèvres laitières : En bio, produire du lait avec des fourrages de qualité
Des bovins lait en conventionnel aux chèvres bio, la ferme a beaucoup changé depuis 2016. Aujourd’hui, nous sommes trois, le père…
Publicité