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Volaille : Un poulet breton offensif

Les tendances observées dans la filière bretonne depuis 2017 deviennent des évolutions structurelles. Le poulet confirme son dynamisme et sa réorientation vers le marché intérieur. L’identification de l’origine des viandes en restauration hors domicile devrait conforter cette position et contrer la hausse continuelle des importations. Au niveau national et européen, les ONG donnent le LA sur le bien-être animal du poulet de chair.

362 000 t de poulets ont été abattus en Bretagne en 2019

Volaille

Avec 530 988 tonnes de volailles abattues en 2019, la Bretagne stabilise ses volumes avec une évolution de -0,2 % par rapport à 2018. Derrière cette constance se cachent des tendances différentes selon les filières. Le poulet consolide son dynamisme avec une augmentation annuelle de +2,7 % de volume abattu en Bretagne. Le poids moyen à l’abattage continue de s’alourdir pour atteindre les 1,45 kg : la réorientation du poulet breton vers des souches plus lourdes destinées au marché intérieur se confirme. La dinde bretonne continue sa chute (-4,4 % en un an). Depuis avril, le Finistère n’abat plus aucune dinde. Les flux ont été dirigés principalement vers les Côtes d’Armor (+22,4 % sur l’année).

 

77 % du poulet acheté par les ménages en 2019 est sous forme de découpes ou de produits élaborés

Volaille

En 2019, les ménages continuent de plébisciter les découpes (+1,5 % par rapport à 2018) face au poulet entier prêt à cuire (PAC ; -5,4 %). La transition de la demande vers des produits de plus en plus transformés se maintient. Dans un marché en retrait, les signes officiels de qualité dominent sur le marché du poulet PAC. Le label rouge s’empare de la majorité des volumes. Mais c’est le bio qui affiche la croissance la plus forte : de 3 % de parts de marché en 2006, il est à 11 % en 2018. Pour les découpes, marché porteur et dynamique, la volaille standard est privilégiée avec 58 % des achats. Toutefois, les signes de qualité renforcent leur présence : 31 % de parts de marché en 2006, ils en représentent 42 % en 2018.

 

Actualités de la filière

À retenir de 2019

En 2018, la filière bretonne affirmait sa double ambition de reconquérir le marché français tout en étant performante à l’export. Cela se confirme en 2019 avec des investissements sur des sites industriels bretons, notamment pour adapter les lignes de production au marché de la restauration hors domicile. Le parc bâtiment des élevages doit aussi se renouveler et se moderniser. La Région Bretagne a ainsi proposé un accompagnement financier selon un cahier des charges exigeant pour favoriser la montée en gamme. En 2018, Casino a construit, avec des ONG, un référentiel et un étiquetage unique sur le bien-être animal. Ce référentiel de 230 critères (de la naissance à l’abattage) comprend cinq niveaux allant de E (minimum) à A (supérieur). 2019 a permis de rallier de nouveaux partenaires (ONG, distributeurs, producteurs). Galliance a notamment rejoint le mouvement en 2020. L’association qui porte cette démarche précise que 10 % de la production française de poulet devrait être concernés par ce nouvel étiquetage.

Les enjeux de la filière pour 2020 et les années suivantes

Autre démarche, au niveau européen cette fois : une trentaine d’ONG a aussi créé un référentiel de bien-être animal pour les poulets de chair.
Dans la volonté de répondre à de fortes pressions, de nombreuses enseignes de la grande distribution ou de la restauration ont annoncé le respect de l’European chicken commitment (ECC) en 2026. Tout l’enjeu sera donc de bien prendre en compte le surcoût de l’ECC dans la valorisation finale du produit. Celui-ci s’élève à 27 % pour le poulet sortie élevage et à 59 % sortie abattoir (si seul le filet est valorisé en ECC).
La construction d’un nouvel abattoir à Châteaulin était prévue en 2020, mais finalement, rien n’est moins sûr. LDC est inquiet face aux incertitudes liées aux négociations en cours sur les accords commerciaux et aux volumes d’importations supplémentaires que cela pourrait engendrer sur le marché français. De plus, les oppositions récurrentes que rencontrent les porteurs de projet de nouveaux bâtiments avicoles, répondant pourtant à un cahier des charges strict et en phase avec les attentes sociétales, menacent la capacité d’approvisionnement de ce nouvel abattoir.

 

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